Histoire

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Maurice Lafon : le « maire du May »

L’association EPBE est heureuse de vous faire partager un article de Marie Claire Latry ( Famille Lalumiere ) racontant l’histoire du eysinais Maurice Lafon, maraîcher, libre penseur et chansonnier qui a vécu dans le quartier du May du Merle ( 1897 - 1972 ). Pour en découvrir l'article ( cliquer ici pour voir le PDF )

Eysines en musique 

Dernièrement l'association EPBE « Sauvons le Bourg » s'est intéressée à l'histoire d'un des quartiers historiques d'Eysines : Le May du Merle.

 

Au cours de nos recherches nous avons découvert l'existence du maraîcher pour le moins unique en son genre : Maurice Lafon. Né en 1897, il était considéré en son temps comme le maire du May du Merle. Bon vivant, blagueur, foncièrement charismatique, ce maraîcher à écrit entre 1934 et 1947 plusieurs chansons en rapport avec son environnement et pour la plupart sur des airs populaires connus.

 

Après des semaines de répétition avec la chanteuse Nathalie Grelier et la pianiste Marianne Brun, L'association EPBE a produit en collaboration avec le réalisateur Julien Darblade ( www.julien-darblade.com ) ; une série de sessions d'enregistrements des interprétations de 6 chansons écrites par Maurice Lafon :

 - La chanson de 1934 dédiée à la création de la fédération des cavalcades de la banlieue bordelaise sur l’air de La Madelon. Une chanson en hommage aux fêtes populaires. ( cliquer ici pour voir la vidéo )

 - La « Chanson d'Eysines » de 1935. Petite anecdote, Maurice Lafon n’avait pas indiqué l'air de la chason, nous l’avons retrouvé grâce au eysinais Jean-Marie Campet, né dans ce quartier, qui a été capable de nous la chanter et c'est grâce au talent de notre pianiste que la mélodie a pu ressurgir du passé. ( cliquer ici pour voir la vidéo )

- la Chanson de l'Étoile Sportive Eysinaise de 1943 sur l’air : les Allobroges. Petite anecdote, Les paroles de Maurice Lafon, écrites pendant l’occupation allemande, sont pleines de courage. Monsieur Guy PEREY, eysinais, témoigne des pressions allemandes : « l’arrivée impromptue en juin 44 lors de la répétition d’un concert au palais des fêtes où nous jouions la Marche de l’Ecole qui avait pour musique « Les allobroges », du commandant allemand d’Eysines escorté de deux soldats armés de fusils baïonnette au canon ! « Musique militaire française tout le monde en prison » s’écria-t-il. On était une trentaine de jeunes et Maurice Lafon qui s’occupait du concert eut toutes les peines du monde à convaincre le commandant que nous faisions du sport. Après bien des palabres, le fait que Monsieur Lafon était un ancien combattant de la guerre de 14 dans les Dardanelles parvint à apaiser le commandant qui nous prévint : « si moi entendre encore la musique militaire française tout le monde en prison ! » et il partit. Nous sommes restés un moment à nous regarder, nous avions eu peur ! Nous avons ramassé les partitions des Allobroges. Et la vie et le concert ont continué ». (Témoignage du 23/12/2003). ( cliquer ici pour voir la vidéo )

Analyse urbaine du bourg 

En 2016, l'association E.P.B.E a commandé un état des lieux du vieux bourg auprès de M. Denis Boullanger, architecte du patrimoine. Cette étude a révélé une certaine richesse patrimoniale marquée par l'histoire agricole et artisanale d'Eysines. 

• Texte de l'analyse urbaine du bourg d'Eysines (cliquer ici pour voir le PDF)

 

• Cartes de l'analyse urbaine du bourg d'Eysines (cliquer ici pour voir le PDF)

Le présent au passé 

 

Eysines ? Vous avez dit Eysines ? Un alignement de maisons démodées, avenue de la Libération, tout juste bonnes à faire des parkings et des voies élargies ? Des groupements désordonnés de logis qui, comme la tour de Pise, penchent vers la route et résistent malencontreusement à l’alignement qu’on voudrait imposer? Se confondant avec ces constructions rustiques et ces quartiers dépourvus jusqu’à peu près toute centralité,  des noms en gascon – pouah, du patois ! -  qu’il serait bon d’effacer, et  vite ? De vieux débris, des restes humides, de piteux machins tout juste bons à démolir comme le bourdieu du Cheval blanc ? NON!

Consentons plutôt  à y voir des constructions soignées et même élégantes, pour certaines très belles  comme le relève l’Architecte des Bâtiments de France… Plus encore, admettons-le : aussi solides que ces murs, robuste et bien vivant, voilà notre passé, tout proche, tout chaud, et même brûlant. Incrustées dans la pierre, le torchis ou l’adobe, ce sont nos vies, nos histoires, celles de notre cité, de ceux qui nous ont précédés il y a peu à la même place et pour certains, celles de nos familles. Les destins de tous et avec notre passé, nous-mêmes.

Article le présent au passé N°1 : La famille Patté a habité plusieurs maisons à Eysines, du Bourg à Cantinolles. Albert Patté en retrace l'histoire. (cliquer ici pour voir l'article en entier au format PDF)

Article le présent au passé N°2 : Au May-du-Merle, Aladin Miqueau, maire d'Eysines pendant trois mandats, son frère puis sa fille ont habité un ensemble situé entre la rue Parmentier et la rue Aladin Miqueau.la famille Baudon-Ladevèze y a travaillé, comme le raconte Denise Ladevèze-Praud. (cliquer ici pour voir l'article en entier au format PDF)

Article le présent au passé N°3 : La famille Pérey, au début de la Première guerre mondiale, déménage du Bourg au Vigean, comme l'indiquent les lettres et reçues par le soldat Pérey. (cliquer ici pour voir l'article en entier au format PDF)

Article le présent au passé N°4 : En face de l'école de garçon et de l'ancienne Mairie, une belle maison fait le coin, où Mathilde Dupin, veuve, tient un des cafés restaurants d'Eysines jusqu'en 1926. (cliquer ici pour voir l'article en entier au format PDF)

Article au sujet de Maurice Lafon : l’histoire du eysinais Maurice Lafon, maraîcher, libre penseur et chansonnier qui a vécu dans le quartier du May du Merle ( 1897 - 1972 ). Pour découvrir l'article de Marie Claire Latry ( Famille Lalumiere) ( cliquer ici pour voir le PDF )

Article le présent au passé N°5 : Au centre-bourg, à côté de l'actuel "Chez Willy", au coin, les Patou ont tenu de père en fils la forge, un des points les vivants et les plus animés du village. Ce sont eux que l'on voit sur la carte postale ancienne." (cliquer ici pour voir l'article en entier au format PDF)

Les souvenirs d'Eysines de Jacques Ellul en 1920

Jacques Ellul (1912-1994) était un grand intellectuel, historien du droit, sociologue et théologien, défenseur engagé de l’écologie. Il vivait à PESSAC.

Dans un ouvrage « Bordeaux, je me souviens » paru en 1993 il évoquait ses souvenirs d’Eysines. Il écrivait : « Nous achetions presque tout aux ambulants. Il y avait celui qui passait tous les deux jours, avec sa charrette à cheval, apportant les fruits et les légumes qu’il allait chercher chez les maraîchers d’Eysines, et qui, bien entendu, étaient d’une fraîcheur que l’on ne connaît plus ! » « Ceci dit j’allais où je voulais et j’avais deux lieux de prédilection. D’abord, puisque j’ai déjà cité ce nom, les « marais « d’Eysines cette commune comportant, en effet, d’une part les jardins maraîchers, d’autre part une région non cultivée, non remblayée, et qui était restée plus ou moins marécageuse. Non pas, certes, marécage bien dangereux, mais des étendues de fausse prairie, en réalité d’eau et de vase recouvertes d’un tapis vert. Il y avait là de multiples découvertes pour un garçon contemplatif et imaginatif ! Le marais était d’ailleurs entrecoupé par des petits canaux (que je prenais pour des ruisseaux et qui pouvaient bien être un début de drainage). J’étais capable de rester un après-midi entier à considérer la vie qui régnait dans ces petits cours d’eau, solitaire et méditatif. Je n’avais besoin d’aucun camarde, puisqu’il n’y avait rien à dire ni à faire, seulement contempler de petits poissons de multiples couleurs, ou les agiles argyronectes et les voraces dytiques ! Je revenais le soir par la rue Mandron, hanté par la poésie de ces lieux qui palpitait en moi, mais que je ne savais pas exprimer »

Jacques ELLUL, in Bordeaux, je me souviens, » CRL d’Aquitaine/la mémoire de Bordeaux/ville de Bordeaux, 1993, p 53-54 et 56,57

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